La lumière pourrait-elle aider à traiter les commotions cérébrales dans le rugby ?

Paul Willemse a décidé de se retirer des terrains en septembre 2025, à seulement 32 ans. Un an après son dernier match pour Montpellier, où il a subi une autre commotion cérébrale. Bien que cette blessure n’ait pas été la plus sévère, l’accumulation de ces chocs a mis un terme à sa carrière internationale. Bien qu’il n’ait pas joué depuis deux ans, il continue de ressentir des symptômes.

« J’ai encore des vertiges qui durent quelques jours, et des maux de tête lors de mouvements brusques ou quand je joue avec mes enfants », indique-t-il. Comme d’autres athlètes ayant subi des commotions, Willemse a cherché des solutions médicales, mais la médecine ne lui a proposé que le repos comme remède.

Essai clinique prévu pour l’automne

« La médecine pour les traumatismes crâniens légers, comme ceux rencontrés dans le rugby, est encore à ses débuts », explique le neurochirurgien David Brauge. Les traitements se limitent souvent à des médicaments pour les maux de tête et de la kinésithérapie pour les vertiges. Cependant, Brauge, qui préside la commission des commotions cérébrales de la LNR/FFR, pense avoir trouvé une solution potentielle.

En collaboration avec le Fonds Clinatec, un centre de recherche biomédicale, il a mis au point un casque de photobiomodulation transcrânienne, conçu pour stimuler les capacités naturelles de guérison du cerveau. Présenté à Paris, ce casque, ressemblant à ceux utilisés par les joueurs de rugby, sera testé lors d’un essai clinique à Lyon et Toulouse sur une période de deux ans.

« La photobiomodulation utilise la lumière pour influencer le comportement des cellules, explique Brauge. Elle augmente la production d’énergie cérébrale et active le métabolisme, ce qui favorise les connexions neuronales et améliore le drainage lymphatique. »

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Cette méthode avait été explorée il y a deux ans par d’autres chercheurs avec des résultats prometteurs, mais non validés scientifiquement, souligne le spécialiste. L’objectif est de mener une étude rigoureuse pour démontrer l’efficacité de ce traitement.

À Lyon et Toulouse, une trentaine de patients participeront à cet essai, dont la moitié portera un casque inactif. Pendant quatorze jours, les participants, qui ne sont pas nécessairement des sportifs professionnels, porteront le casque à domicile pendant trente minutes par jour, principalement en fin de journée.

Utilisation préventive du casque envisagée

À l’issue de l’essai, les chercheurs espèrent observer une réduction significative des symptômes de commotion cérébrale, qui incluent 22 manifestations différentes. « Nous espérons que cet essai démontrera une diminution notable de ces symptômes », déclare Jean-François Payen, directeur médical du Fonds Clinatec.

Bien que le dispositif ne puisse pas éliminer tous les symptômes, l’objectif reste de permettre aux sportifs de reprendre leurs activités et de résister à des entraînements intensifs et à des chocs importants.

Paul Willemse, ambassadeur de cet essai, ne répond pas aux critères de participation mais se montre confiant quant à son succès. « Si cela fonctionne, ce sera le premier dispositif médical pour traiter les commotions, avec des applications potentiellement préventives », espère-t-il.

Willemse souhaite surtout que ce dispositif rassure les amateurs et les parents inquiets face aux commotions cérébrales. « Bien que sérieuses si elles ne sont pas traitées correctement, elles ne sont pas plus effrayantes que d’autres blessures. Une blessure aux cervicales est plus dangereuse, mais peu en parlent, car elle est opérable. Ce casque pourrait offrir enfin une solution. »

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Source : https://www.20minutes.fr/