Du Queensland au XV de France : le parcours de Moses Alo-Emile
L’itinéraire de Moses Alo-Emile ressemble à un récit inattendu. Rien ne le prédisposait à cette trajectoire. Ce samedi, sauf surprise, le jeune originaire de Brisbane participera au match du Championnat des nations entre l’Australie et la France, qui se jouera au Suncorp Stadium, sa ville natale. Cependant, ce ne sera pas avec le maillot auquel il était destiné. C’est en bleu, la couleur qui l’inspire tant, qu’il jouera pour le Stade Français. Fabien Galthié cherche toujours le bon équilibre au poste de pilier, à gauche comme à droite. Alo-Emile, non sélectionné contre les Blacks, pourrait être préféré à Jefferson Poirot pour ce match chez lui.
À l’époque, personne, même pas lui, n’aurait imaginé ce chemin. En 2017, il arrivait discrètement à Paris, à l’ombre de son frère aîné Paul, déjà en France depuis deux ans et qui avait plaidé sa cause auprès du club parisien. Tandis que Paul s’affirmait comme un pilier droit de premier plan, Moses peinait dans les équipes de jeunes. Pourtant, sa progression a été constante, lui permettant de gagner en importance au fil des saisons.
Refus de la sélection samoane
La possibilité de jouer avec le XV de France est une trajectoire que Moses Alo-Emile aurait pu ne jamais suivre. En 2021, les Samoa, son autre pays d’origine, manifestaient leur intérêt. Cependant, il déclina l’offre de Seilala Mapusua. Il expliquait dans le Quotidien du Sport : « J’étais encore jeune à ce moment-là et je voulais progresser dans mon jeu. Je n’étais pas prêt mentalement après une longue saison. »
À cette période, le staff français suivait déjà son évolution de près. Il exprimait son enthousiasme pour représenter la France, bien qu’une hésitation subsistait : « J’ai envie de jouer pour la sélection nationale, c’est un rêve pour tous les joueurs. Mais reste à savoir si ce sera avec la France ou les Samoa. » Aujourd’hui âgé de 26 ans et après cinq années en France, Moses Alo-Emile a fait son choix.
Une sélection surprenante
Pour ajouter à l’émotion de l’événement, ce sera sa première sélection. Cependant, il ne sera pas le seul Australien à porter le maillot bleu ce samedi. Emmanuel Meafou et Tom Staniforth, qui a déjà joué à Christchurch, pourraient également être présents. Laurent Sempéré, co-entraîneur des avants, a déclaré : « Ce sont des joueurs d’origine australienne mais français pour nous. Cela leur permet de s’intégrer plus facilement et la rencontre revêt une signification particulière pour eux, ce qui est bénéfique pour le groupe. »
Laurent Sempéré, qui connaît bien Moses Alo-Emile pour l’avoir dirigé, ne s’attendait pas à une telle ascension. Initialement pilier droit en espoirs, il a dû s’adapter à gauche pour pallier les absences, une transition réussie grâce à un travail ardu. « Il a fait des sacrifices en quittant son pays et sa famille. Ses débuts ont été difficiles, mais il a travaillé très dur, » a-t-il ajouté.
Aujourd’hui, Moses Alo-Emile est prêt à tenir l’axe gauche de l’équipe de France face aux Wallabies. Sa progression est le fruit de son travail acharné : « Il a beaucoup travaillé physiquement pour être performant tout en restant polyvalent. » À lui de jouer maintenant.
Source : https://www.xvovalie.com/


