France-Australie : une analyse nuancée du jeu adverse avant le match des Bleus

Le contraste était notable. Malgré leur défaite face à l’Irlande samedi dernier lors du Championnat des nations, la quatrième consécutive depuis le 13 septembre dernier, l’Australie a impressionné ses supporters. De nombreux commentaires sur les réseaux sociaux en témoignent. Les Wallabies n’ont pas gagné et n’ont pas encore retrouvé leur gloire passée. Toutefois, depuis un an, ils montrent une nette progression en vue du Mondial 2027 sur leur sol.

Face à l’Irlande, dans un Allianz Stadium de Sydney plein à craquer, les hommes de Joe Schmidt ont flanché dans les dernières secondes (31-33) lorsque Ben Donaldson a manqué une pénalité décisive dans les arrêts de jeu. Mais des éléments positifs ont émergé, dans la continuité des performances de l’équipe australienne depuis l’arrivée du technicien néo-zélandais. À l’approche du match contre la France au Suncorp Stadium de Brisbane (9h40), nous avons examiné les forces et les faiblesses des partenaires d’Harry Wilson.

Amélioration offensive et retour des avants ?

Il est certain que ce week-end, nous devrions assister à un match ouvert. Si les Bleus ont montré un jeu ambitieux à Christchurch, que dire des Australiens ? Ces derniers ont produit une première mi-temps de qualité, en enchaînant les phases de jeu et relançant les ballons depuis leur en-but.

Dès le début de la rencontre, l’ouvreur Carter Gordon a cherché à faire jouer derrière lui, un style qui caractérise désormais cette sélection nationale. Une équipe agréable à regarder, mais qui manque parfois de constance pour rivaliser pendant 80 minutes avec les meilleures équipes mondiales. Contre le XV du Trèfle, les Verts et Or ont marqué de superbes essais, notamment les deux premiers, réalisés après des mouvements de grande ampleur.

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Les Wallabies multiplient les séquences et conservent le ballon. Ils cherchent parfois à franchir la ligne d’avantage avec du jeu à une passe près des rucks, souvent grâce à une cellule d’avant ou à un trois-quarts puissant comme Joseph Sua’ali’i. Lorsque la défense est resserrée, ils exploitent cette situation en s’appuyant sur un groupe de trois avants qui, au lieu de défier physiquement, sert un trois-quarts en retrait. Il peut s’agir de l’ouvreur ou de Len Ikitau, souvent sollicité. À partir de là, certains soutiens convergent, et le centre très technique a plusieurs options, utilisant souvent des passes derrière le dos. Les Australiens aiment bouger le ballon avec beaucoup de jeu dans le dos. Le pied est utilisé uniquement si nécessaire, comme sur des ballons ralentis ou pour dégager le camp en l’absence de solution à l’extérieur. Dans ce cas, le demi de mêlée effectue un coup de pied de dégagement.

Bien qu’ils aient encore des faiblesses devant, l’Australie a parfois montré une agressivité positive, avec des joueurs qui ont avancé à l’impact. On notait un manque de porteurs de balle puissants, mais il semble que les Wallabies aient trouvé des solutions. Leur défense en première période a également causé des problèmes aux Irlandais, notamment par plusieurs montées inversées, en particulier de Max Jorgensen, dont une a conduit à une interception victorieuse pour Ryan Lonergan. Cependant, l’Australie a encore des lacunes évidentes.

Indiscipline, maladresse au pied et relâchement

Les Australiens peinent à maintenir un niveau de performance constant sur 80 minutes, ce qui leur coûte cher à ce niveau. Joseph Sua’ali’i illustre bien cette Australie inconstante. Recruté à prix fort de la NRL, il a un potentiel énorme mais alterne entre bonnes performances et erreurs défensives. Sur le quatrième essai irlandais, il s’est trop facilement laissé aspirer par la passe de Ringrose pour Keenan, créant un espace. Juste avant la pause, il a également tenté une passe difficile à cinq mètres de la ligne, symbolisant un manque de réalisme et une impatience nuisible.

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En outre, l’Australie a montré des faiblesses au pied, notamment face aux perches. Carter Gordon a manqué deux transformations, et son remplaçant Ben Donaldson a raté deux pénalités. L’indiscipline a également coûté cher, avec le carton jaune de Lachlan Shaw juste avant l’ultime réalisation irlandaise. On a aussi noté de grandes difficultés à défendre les ballons portés, un point exploité par les Irlandais.

Ces Wallabies montrent du potentiel mais sont pénalisés par des moments d’absence. Un autre point d’interrogation concerne Ryan Lonergan et Carter Gordon, sortis blessés ce week-end. Leur présence contre l’équipe de Fabien Galthié est incertaine. Vu le manque de profondeur au poste de demi de mêlée et d’ouvreur, leur absence serait un coup dur. Certains observateurs souhaitent remplacer Harry Wilson, jugé fautif, par un Tom Hooper en grande forme, pour repositionner Rob Valetini en huit. Ces critiques sont sévères, car Wilson a été un capitaine exemplaire et a réalisé le plus de plaquages samedi à Sydney (21).

Avant le match contre la France, l’Australie ne doit pas tout remettre en question. Le potentiel est présent. Il ne reste qu’à gagner en régularité et à remporter des matches pour redevenir un candidat crédible au titre mondial. Samedi, les Bleus sont légèrement favoris, mais ils sont prévenus.

Source : https://www.xvovalie.com/