Stade Français : Carbonel parle de sa nouvelle approche
À 27 ans, Louis Carbonel s’apprête à jouer les phases finales du Top 14 avec le Stade Français, dimanche, contre La Rochelle. Après des années difficiles entre Toulon, Montpellier et Paris, où il envisageait même de partir en fin de saison dernière, l’ouvreur retrouve son niveau et apprécie ce renouveau dans sa carrière.
Vous êtes dans une position bien plus confortable cette année avec le Stade Français comparé à l’an dernier où vous luttiez pour le maintien, n’est-ce pas?
Oui, absolument. Depuis le début de l’année, l’ambiance est plus détendue et studieuse grâce à nos entraîneurs qui ont su nous transmettre leur vision. Cela a généré une dynamique positive et une énergie nouvelle au sein de l’équipe.
Qu’est-ce qui a changé pour expliquer cette transformation? Est-ce uniquement dû à une nouvelle dynamique ou le discours a-t-il évolué?
Les deux ont joué un rôle. Le discours et la vision d’un staff peuvent influencer beaucoup. Nous, les joueurs, avons aussi beaucoup réfléchi à notre performance. Les avants, en particulier, sont très impliqués et à l’écoute cette année, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant.
Un avenir incertain, finalement éclairci
À la fin de la saison dernière, vous étiez sur le point de quitter le club. Comment avez-vous géré cette situation?
Une semaine avant la préparation, je ne savais toujours pas où je jouerais. Plusieurs clubs étaient potentiellement intéressés, et je ne savais pas si je devais quitter Paris. Finalement, je suis resté, déterminé à prouver ma valeur car l’année dernière ne reflétait pas mon véritable niveau.
Avez-vous trouvé ce moment difficile?
Les dernières années ont été marquées par de nombreuses situations complexes, mais je suis resté serein grâce à un travail personnel entamé l’année dernière. J’étais déterminé à tirer le meilleur parti de chaque situation.
Réflexions personnelles et changement de perspective
Quel a été le contenu de ce travail personnel?
Je me suis intéressé à la psychologie, aux livres, pour comprendre comment certaines situations se produisent. J’ai appris à être moins dur avec moi-même, à réduire la pression et à adopter une perspective plus positive.
Avez-vous ressenti une amélioration dès le début de cette saison?
Pas immédiatement. J’étais concentré sur ma performance pour l’équipe, d’autant plus que le club envisageait de me laisser partir. La confiance est revenue progressivement, et l’équipe a commencé à livrer des performances constantes.
Un moment clé de la saison
Y a-t-il eu un match clé où vous avez senti que vous retrouviez votre niveau?
Vers le cinquième ou sixième match, contre La Rochelle, où j’ai réussi une pénalité décisive. Cela a renforcé notre confiance, même si nous savions d’où nous venions et que nous devions rester humbles.
Vous semblez plus à l’aise mentalement…
Le staff me donne la liberté de jouer à l’instinct, ce qui convient à mon style. L’équipe change également sa philosophie de jeu, ce qui est en phase avec ma manière de jouer.
Expériences et développement personnel
Est-ce que l’élargissement de vos intérêts a un impact sur votre jeu?
Oui, j’ai toujours aimé apprendre, et cela m’aide à être plus détendu. Mon cerveau a besoin d’être stimulé, ce qui me permet d’aborder les matchs plus sereinement.
Paris offre-t-elle des opportunités pour cela?
Certainement, Paris est une ville riche en opportunités pour apprendre et explorer. Mais je ne pense pas y vivre plus tard.
Vous envisagez une reconversion comme entraîneur?
Oui, j’ai obtenu un diplôme d’entraîneur cette année. Je suis ouvert à explorer d’autres domaines chaque année pour changer d’air.
Évolution avec le staff et les coéquipiers
Comment votre relation avec Paul Gustard a-t-elle évolué?
Nous avons toujours eu une relation positive, même quand je ne jouais pas beaucoup. Il m’a toujours expliqué ses choix, que je respecte.
C’est une reconnaissance qui doit faire plaisir?
Oui, c’était agréable à entendre. Il est compétent et sait mettre les gens en confiance.
Que vous apporte Tawera Kerr Barlow?
Son expérience m’a aidé à gérer la frustration, et son leadership a renforcé notre équipe.
Premières phases finales
Vous allez jouer vos premières phases finales. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?
Je suis très impatient. C’est une opportunité que j’attends depuis longtemps, et je suis prêt à la saisir.
En début de saison, pensiez-vous atteindre cette position?
En septembre, nous n’aurions pas imaginé être à cette place. Nous sommes très satisfaits de notre progression.
Pensez-vous pouvoir rivaliser avec les meilleures équipes?
Nous avons montré que nous pouvons rivaliser avec les meilleures équipes. Nous restons humbles mais confiants dans notre travail collectif.
Un match contre Toulouse a-t-il été un déclic?
Oui, ce match a révélé des faiblesses que nous avons ensuite corrigées, nous poussant à oser davantage et à marquer plus de points.
Envisager l’avenir avec les Bleus
Voyez-vous une opportunité de rejoindre l’équipe de France?
Je me concentre sur ce que je peux contrôler, c’est-à-dire bien finir la saison. Si l’opportunité se présente, ce sera un honneur.
Cela reste-t-il un objectif?
Absolument, c’est un objectif constant. Je travaille quotidiennement pour m’y préparer, en espérant être rappelé un jour.
Source : https://rmcsport.bfmtv.com/


