Maxime Lucu, le Basque qui rentre pour marquer son retour
Maxime Lucu s’apprête à jouer ce samedi à 15h45 la deuxième finale de Champions Cup de l’histoire de l’UBB contre le Leinster. Pour ce joueur, ce match a une signification particulière qui va au-delà du sport. Originaire de Saint-Pée-sur-Nivelle, à quelques centaines de kilomètres du stade San Mamés, il revient sur les lieux de son enfance, un lieu où il a rêvé depuis les tribunes. Ce retour aux sources évoque aussi le parcours d’un joueur façonné par sa région, sa famille et la culture basque.
Bilbao n’est pas un lieu anodin pour Maxime Lucu, et San Mamés encore moins. Lorsqu’il entrera sur le terrain pour affronter le Leinster en finale de Champions Cup, ce ne sera pas sa première visite. Avant de rêver d’y jouer, il y a vécu des moments forts en tant que supporter, ami et jeune du Pays basque en quête de moments de rugby, de football et de festivités. « Une finale de Coupe d’Europe symbolise déjà beaucoup d’efforts et de sacrifices. La disputer au Pays basque, dans un stade où j’ai assisté à des matchs de l’Athletic Bilbao, ainsi qu’à la finale de la Champions Cup 2018, est un moment fort pour moi et ma famille. »
Un retour symbolique
Cette finale semble clore un cercle. En 2018, Lucu était dans les gradins de San Mamés pour voir le Leinster s’imposer contre le Racing 92. À l’époque, il évoluait à Biarritz et aspirait simplement à atteindre le plus haut niveau. « À ce moment-là, je rêvais de jouer en Top 14, c’était un objectif. Imaginer disputer une finale de Champions Cup huit ans plus tard me paraissait irréaliste. » Ce jour-là, il avait assisté au match grâce à des billets offerts par Teddy Thomas, alors ailier du Racing. Lucu observait les joueurs européens avec admiration. « Je me disais : ‘Quelle chance il a, j’aimerais être à sa place, vivre un tel moment devant 55 000 spectateurs.’ Mais à 25 ans, je n’étais pas au niveau pour espérer participer à ces rencontres. » Aujourd’hui, le cadre est le même, mais son rôle a évolué.
Une culture de solidarité
Maxime Lucu a grandi au Pays basque, notamment à Saint-Pée-sur-Nivelle, où le rugby est plus qu’un sport : c’est une affaire de famille, de village et d’identité. « J’ai passé toute mon enfance là-bas. J’ai joué jusqu’à mes 26 ans au Biarritz Olympique, et jusqu’à mes 18 ans au club du village. » Il évoque des souvenirs simples, entre balades à vélo, plage à Saint-Jean-de-Luz et moments en famille. « Toute ma famille vit au Pays basque. Dès que je peux, je retourne là-bas. » Pour les Lucu, la famille est essentielle. Sa mère vient d’une fratrie de dix enfants, et les cousins ont grandi ensemble, partageant sports et traditions locales. « Au Pays basque, on exagère souvent, mais pour nous, le village est notre quartier. Cela crée une forte solidarité. »
La force du collectif
Cette culture a forgé le joueur qu’est devenu Lucu. Il souligne que les équipes basques ont appris à compenser leur déficit physique par leur mentalité. « Depuis toujours, au Pays basque, nous avons été plus petits en stature comparés à nos adversaires. Mais nous avons souvent réussi à surmonter les difficultés grâce à notre jeu, notre esprit d’équipe et notre solidarité. » Ce portrait correspond bien à l’image qu’il projette aujourd’hui : un joueur travailleur, généreux dans l’effort, essentiel dans le combat et le leadership. Ceux qui l’ont connu plus jeune trouvent ce changement amusant.
Lucu puise aussi son énergie auprès de ceux qui le soutiennent depuis toujours. Pour cette finale, sa famille prévoit de rejoindre Bilbao en bus depuis le Pays basque français. « Ma famille prendra le bus le matin pour Bilbao, pour profiter des tapas. Pour eux, l’essentiel est déjà acquis, peu importe l’issue du match. » Pour le joueur de l’UBB, ces moments comptent presque autant que la rencontre elle-même. « Je joue au rugby pour vivre ces phases finales, pour emmener le village partout où nous allons. » Son frère Ximun souligne l’importance de cette finale familiale. « L’an dernier, nous étions sept ou huit à Cardiff. Cette fois, nous serons 25 ou 30. C’est l’occasion de partager ça avec tout le monde, toute la famille et les cousins. »
Cette saison européenne réussie illustre aussi la capacité de Lucu à rebondir. Après une année 2024 marquée par des critiques, notamment après le Tournoi des Six Nations, il est revenu plus fort. Son frère voit cela comme un signe de résilience. « Les critiques l’ont poussé à travailler davantage et à identifier ses axes d’amélioration. » À 33 ans, Lucu continue de surprendre ses proches. « J’ai l’impression qu’il est encore meilleur qu’il y a trois ans. Je ne sais pas jusqu’où il peut aller physiquement. » Samedi, à Bilbao, au milieu des drapeaux basques et des souvenirs d’enfance, Maxime Lucu jouera presque chez lui et pourrait marquer l’histoire du rugby français.
Source : https://rmcsport.bfmtv.com/


