Julien Dumora revient sur la disparition de Josaia Raisuque un an après le drame

Un an après la disparition tragique de l’ailier fidjien Josaia Raisuqe, le Castres Olympique et ses joueurs demeurent profondément affectés. Le 8 mai 2025, Julien Dumora, ancien joueur devenu entraîneur, s’est rendu sur les lieux de l’accident, un passage à niveau où Raisuqe a perdu la vie. Antoine Tichit, pilier du club, était également présent. Dumora revient sur cette période difficile pour lui et ses coéquipiers.

Le 8 mai 2024, vous êtes témoin de l’accident de votre coéquipier Josaia Raisuqe. Avez-vous pu comprendre rapidement ce qui s’était passé?

Je n’ai pas immédiatement saisi la gravité de la situation. L’accident venait de se produire quelques secondes avant mon arrivée. J’ai vu qu’il y avait un problème entre une voiture et un train, sans réaliser que c’était Josaia. C’est Antoine Tichit qui m’a informé. C’était irréel de vivre ça avec un coéquipier, jusqu’à ce que nous découvrions le drame et que les secours arrivent.

Réactions et gestion du traumatisme

Comment avez-vous réagi en apprenant que Josaia était impliqué?

Avant même de voir le véhicule, j’ai compris que c’était lui grâce à sa voiture. C’était extrêmement difficile d’encaisser la nouvelle, surtout en étant pompier volontaire et proche de lui. L’incompréhension a laissé place à la réalité du décès, une situation très éprouvante.

Quelle attitude avez-vous adoptée vis-à-vis d’Antoine Tichit?

J’ai essayé de préserver Antoine en le tenant à distance. Il avait vu l’accident et était directement touché. Je voulais lui épargner d’en voir davantage.

Impact à long terme

Un an après, cet événement occupe-t-il toujours vos pensées?

Oui, cet événement reste présent dans mon esprit. J’ai discuté avec une psychologue et ma famille pour surmonter ce moment. Ce souvenir ne s’effacera jamais complètement.

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Influence de la culture fidjienne

Ce jour-là, Josaia a traversé le passage à niveau malgré les barrières abaissées. Comment l’avez-vous vécu?

J’ai souvent repensé à cet événement, cherchant à comprendre comment cela aurait pu être évité. C’est difficile de ne pas ressentir de culpabilité, même si rien n’aurait pu être fait pour changer les choses.

Avez-vous ressenti une culpabilité initiale?

Oui, j’ai ressenti de la culpabilité au début. Qu’aurais-je pu faire pour l’aider? Mais en en discutant, j’ai pu avancer et faire le deuil.

Relation avec Antoine Tichit

Avez-vous évoqué cet événement avec Antoine?

Nous n’en parlons pas souvent, mais cela reste un lien entre nous. Si le besoin se fait sentir, nous en discuterons pour avancer.

Souvenirs partagés

Quels souvenirs gardez-vous des jours suivant l’accident?

Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, équipe et Fidjiens, pour partager notre peine et notre culture. Cet échange nous a permis de nous rapprocher et de mieux gérer le deuil.

Avez-vous un moment particulier en mémoire?

La cérémonie au stade Pierre-Fabre et le match à Bordeaux sont des moments marquants. Ils ont permis d’exprimer notre tristesse et notre colère collectivement, unis dans cette épreuve.

Les leçons apprises

Quel a été l’apport des Fidjiens dans cette période?

Leur approche face au deuil, plus joyeuse et conviviale, nous a aidés à sortir de la tristesse et à relativiser. Leur maison était ouverte à toute heure, offrant un soutien constant.

Comment ces moments ont-ils renforcé le groupe?

Ils ont permis une cohésion sans rôle défini, chacun contribuant à sa manière. Cela a renforcé notre unité pour continuer à avancer ensemble.

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Quel souvenir vous a laissé Josaia?

Josaia était exceptionnel, tant sur le terrain qu’en dehors, avec sa bonne humeur constante. Il restera un membre important de notre groupe.

Souvenirs et mémoire

Josaia Raisuqe est-il toujours présent dans votre quotidien?

Oui, nous entretenons sa mémoire par des chants et des photos. Sa présence continue de nous inspirer, et nous veillons à ne pas l’oublier.

Les Fidjiens vous ont-ils influencés?

Leur façon de voir la mort diffère de la nôtre, plus joyeuse et conviviale. Cela nous invite à relativiser et à continuer de vivre avec sa mémoire.

Avez-vous changé depuis?

Ce fut une période difficile, mais j’avance, en pensant souvent à Josaia. Passer devant le lieu de l’accident m’aide à garder son souvenir vivant.

Source : https://rmcsport.bfmtv.com/