Avant France-Angleterre, Andy Goode critique la performance du XV de la Rose
Après une seule victoire en quatre rencontres du Tournoi des 6 Nations, l’Angleterre espère redresser la barre contre les Bleus ce samedi. Andy Goode, ancien international anglais et consultant pour la télévision britannique, livre une analyse critique.
Un tournoi décevant pour l’Angleterre
Andy Goode, l’Angleterre a entamé ce Tournoi des 6 Nations avec une série de 11 victoires. Vous attendiez-vous à un tel échec?
Non, absolument pas. Avant le tournoi, on imaginait que ce dernier match serait décisif pour le Grand Chelem entre la France et l’Angleterre. Pourtant, le tournoi a pris une tournure inattendue. L’Angleterre a subi une défaite face à l’Écosse, l’Irlande a été sous-estimée après le premier match mais est revenue en force. C’est un exemple de l’imprévisibilité qui rend ce tournoi si captivant, juste derrière la Coupe du monde.
Des défaites marquantes
Parmi les trois défaites subies par l’Angleterre, contre l’Écosse, l’Irlande et l’Italie, laquelle a été la plus difficile à encaisser?
La défaite contre l’Irlande a été la plus douloureuse. Elle a été lourde (21-42) et a éteint tout espoir à Twickenham. Voir les joueurs s’effondrer ainsi à domicile est rare. Perdre en Écosse est devenu fréquent ces dernières années, mais la façon dont cela s’est passé était difficile. Et face à l’Italie à Rome, avec une confiance en berne, tout devient compliqué.
Un style de jeu remis en question
Le jeu des Anglais suscite des interrogations…
En Écosse, notre prestation a été décevante sur le plan tactique. Le style offensif a évolué, comme le montrent la France, l’Écosse et l’Irlande. L’Angleterre semble figée dans un jeu d’il y a quelques années, avec des échanges de coups de pied comme au tennis. Notre instinct offensif s’est perdu.
Le rôle de Steve Borthwick
Pensez-vous que le style de Steve Borthwick est dépassé pour le rugby moderne?
Pas exactement. Le jeu au pied a son utilité, mais pas en excès. On a connu 11 victoires avec cette approche, mais sans plan B, que faire quand cela ne fonctionne pas? Steve n’a jamais été un entraîneur axé sur l’attaque. Le rugby évolue vite et même l’Afrique du Sud a diversifié son style. L’Angleterre doit rattraper son retard, même par rapport à l’Italie, qui propose un jeu plus cohérent et dynamique.
Futur incertain pour le sélectionneur
Steve Borthwick peut-il rester manager jusqu’à la prochaine Coupe du monde?
Pour qu’il conserve son poste, il doit battre la France.
Changer ou maintenir le sélectionneur?
Si l’Angleterre perd, est-ce la fin pour lui?
Beaucoup le pensent. Sans progrès visible, ce serait notre pire Tournoi. On était des candidats crédibles, mais on a perdu notre statut. Si on ne gagne pas samedi, il devra partir, bien que certains pourraient vouloir lui laisser du temps. Notre prochain défi est face à l’Afrique du Sud, ce qui ne rendrait pas la tâche plus facile.
Évaluation des joueurs et du leadership
Au-delà du staff, comment évaluez-vous les performances des joueurs? Les leaders manquent-ils à l’appel?
Maro Itoje a accumulé beaucoup de temps de jeu internationalement. C’est un joueur remarquable, mais ses performances et son leadership ne sont pas à la hauteur. Nous avons des joueurs expérimentés sur le terrain, mais le leadership fait défaut. Les joueurs doivent être capables de s’adapter quand les choses ne fonctionnent pas. La responsabilité leur incombe également; on ne peut pas remplacer 30 joueurs, mais on peut changer d’entraîneur.
Capacité à rivaliser avec les Bleus
Après la performance de l’Écosse contre la France, l’Angleterre peut-elle en faire autant?
J’aimerais dire oui, mais ça semble peu probable. Les Anglais ont le potentiel pour une grande performance, mais cela n’a pas été démontré jusqu’ici. Pour l’emporter, un changement radical de tactique est nécessaire pour libérer leur potentiel. On parle d’une camisole de force en Angleterre, et seule l’équipe d’encadrement peut apporter ce changement.
Source : https://rmcsport.bfmtv.com/


