Pourquoi Le Rugby Français Peine À Dénicher Des Talents Au Poste De Pilier Droit

Depuis près d’une décennie, Uini Atonio est un pilier incontournable à droite de la mêlée française et reste, à 35 ans, parmi les piliers de référence au niveau mondial. Sa blessure sérieuse en juin dernier a révélé les limites actuelles du réservoir français à l’échelle internationale. L’intégration de ses successeurs prendra du temps. Voici pourquoi.

Après la Coupe du monde 2023, Uini Atonio avait fait part à Fabien Galthié de son intention de se retirer du rugby international. Cependant, près de deux ans après, il est resté le titulaire indiscutable des Bleus dès qu’il était apte à jouer, notamment lors des Tournois des 6 Nations 2024 et 2025. Son importance à ce poste souvent sous-estimé est cruciale pour l’entraîneur adjoint Laurent Sempéré, qui souligne son influence sur la mêlée et le rythme du jeu.

Un défi pour succéder à Atonio

Fabien Galthié et son équipe cherchent activement des solutions pour remplacer Atonio. Laurent Sempéré mentionne des joueurs comme Régis Montagne, Thomas Laclayat et Emerick Setiano qui sont en progression. Selon lui, rien ne remplace l’expérience acquise en match pour ces joueurs en développement.

Complexité du rôle de pilier droit

Malgré les efforts, le fossé reste important au niveau international, comme l’a démontré le match contre l’Afrique du Sud. Uini Atonio, s’il retrouve sa forme physique après sa blessure, pourrait bien retrouver sa place, bien qu’il aura 37 ans lors du Mondial 2027 en Australie. Le rôle de pilier droit est particulièrement complexe, surtout en mêlée fermée.

Didier Bès, entraîneur des avants à Montpellier, explique que ce poste exige une préparation intense et beaucoup de force, car le pilier droit subit une forte pression en mêlée. Cela en fait un rôle exigeant avec de nombreux sacrifices à faire.

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Formation et renouvellement

La France peine à renouveler son vivier de piliers droits à travers la formation. Atonio, formé en Nouvelle-Zélande, est le meilleur à ce poste depuis dix ans. Julien Brugnaut, entraîneur des avants de l’équipe espoirs du Racing 92, souligne que les jeunes joueurs manquent d’expérience en mêlée en raison de nouvelles règles qui limitent la poussée.

En Espoirs, certains joueurs choisissent de se reconvertir en piliers pour devenir professionnels, ce qui réduit encore le temps pour devenir performant à ce poste exigeant.

Poste à maturité tardive

Le parcours d’un pilier professionnel ne fait que commencer une fois ce statut obtenu. Ce poste est souvent considéré comme atteignant sa maturité tardivement. Peu de joueurs parviennent à exceller au plus haut niveau international. Uini Atonio, mesurant 1m96 et pesant 145 kilos, fait partie de ces rares piliers qui dominent pendant plusieurs années. Frans Malherbe en Afrique du Sud et Owen Franks chez les All Blacks sont d’autres exemples.

Julien Brugnaut explique que la compréhension de la mêlée prend du temps en raison de sa complexité. Cela nécessite de nombreuses confrontations pour acquérir l’expérience nécessaire pour réagir aux situations de jeu.

Expérience et continuité

Il est donc compréhensible que Régis Montagne, avec seulement quatre sélections, ne soit pas encore à l’aise au niveau international. Le staff des Bleus estime qu’il est essentiel de lui donner du temps de jeu pour qu’il puisse acquérir l’expérience nécessaire pour rivaliser avec les meilleurs d’ici la Coupe du monde en Australie.

D’autres options sont envisagées, comme Demba Bamba, qui n’a pas encore convaincu Fabien Galthié, et George-Henri Colombe, qui se dit encore non prêt pour la sélection. Tevita Tatafu, prometteur mais souvent blessé, pourrait aussi être une solution future. Pour l’instant, Uini Atonio reste une option solide si sa condition physique le permet.

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Source : https://rmcsport.bfmtv.com/